Le petit catéchisme

Il était produit par nos évêques et servait à l'enseignement religieux.

Avez-vous «marché au petit catéchisme»? Si vous avez moins de 50 ans, ce n'est pas le cas. Disparu avec le concile de Vatican II (1962-1965), ce document constituait bien plus qu'un manuel de catéchèse; dans les faits, son contenu déterminait le cadre moral de la société québécoise. En d'autres mots, il formait un code de vie dans une société qui était foncièrement très religieuse.

Le concile de Trente

Au terme de ce concile, en 1563, le Vatican instituait le catéchisme paroissial afin de «fustiger l'ignorance religieuse» de la population. «Les Évêques auront soin qu'au moins les dimanches et fêtes, dans chaque paroisse, ceux que cela concerne mettent toute leur diligence à enseigner aux enfants les rudiments de la foi et de l'obéissance qu'ils doivent à Dieu et à leurs parents; s'il est nécessaire, qu'ils les y contraignent même par les censures ecclésiastiques.»

L'histoire du petit catéchisme au Québec

C'est en 1702 que Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec (et de la Nouvelle-France), écrit la première version du «Catéchisme du diocèse de Québec». L'objectif était de produire un manuel à l'intention des prêtres, présentant une synthèse des «plus importantes vérités et maximes de la religion, que tous chrétiens doivent savoir et pratiquer». En 1777, le clergé impose aux curés de faire le catéchisme dans leur paroisse. Mgr Briand écrivait à ce propos : «c'est de l'instruction des enfants que dépend principalement la conservation de la foi et des bonnes mœurs». Aussi, le manuel innovait davantage en voulant unifier la catéchèse de tous les catholiques francophones du Canada. Dans ce contexte, l'évêque oblige les enseignants à faire le catéchisme régulièrement, au moins deux fois par semaine.

Toutefois, le manque de prêtres et la quasi-absence d'écoles au pays firent en sorte que les curés déploraient souvent l'ignorance religieuse des jeunes. Comme ils se fiaient sur la transmission familiale, les résultats étaient souvent de piètre qualité. C'est le développement du réseau scolaire, au milieu des années 1800, qui va permettre d'améliorer l'enseignement religieux. Le petit catéchisme devient donc un manuel dont le contenu devait être appris par cœur afin de pouvoir «faire sa première communion», ce qui se produisait autrefois vers l'âge de 10 ou 11 ans.

Puisque les jeunes «maîtresses d'école» laïque maîtrisaient peu la théologie, c'est bien souvent le curé qui voyait à parfaire et à expliquer le contenu du petit catéchisme. La présence de religieuses ou religieux enseignants était donc une bénédiction pour un curé! En 1943, l'enseignement du catéchisme devient uniquement de compétence scolaire.

par Claude Martel, géographe-historien

Source: http://www.larevue.qc.ca/chroniques_un-brin-histoire-n21138.php